Pour quitter ses partenaires après 120 minutes. « J'avais les boules car après ma faute de main sur le but de Créteil, j'étais revenu dans le match ». Effectivement, impliqué sur l'ouverture du score cristolienne, Chevrollier avait ensuite sorti le grand jeu sur deux parades où sa main ferme a évité le pire aux Vitréens. Mais Joël Cloarec avait sa petite idée derrière la tête depuis quelques semaines. « Adrien est avec nous depuis deux ans. Cela laisse le temps de voir des choses à l'entraînement, explique l'entraîneur Sang et Or. J'y pensais depuis quelque temps. Les circonstances ont fait que j'ai décidé de le faire ».
Ainsi, pendant la première mi-temps de la prolongation, Joël Cloarec s'est approché d'Adrien Gato en lui demandant d'aller s'échauffer. « Quand je suis rentré, il restait quelques secondes, raconte le deuxième gardien vitréen. Dans ma tête, je me suis dit, si il y a un ballon en lucarne, il faut aller le chercher ». Gato n'aura pas eu l'occasion de faire le chat sur sa ligne de but puisqu'il n'a touché aucun ballon dans le jeu.
À l'entame de la séance des tirs au but, il a désemparé tout le monde. Comme par exemple en se positionnant tout près de son poteau sur le deuxième tir cristolien. Une attitude qui a déconcentré les tireurs adverses. Surtout son ancien équipier du Racing Paris, Betsch. « J'ai joué avec lui plusieurs années entre les 18 ans et la CFA. Du coup, il ,a un peu forcé son tir et le ballon est parti au-dessus ».
Sur le dernier tir au but, là Gato a enfin touché le ballon. « C'est pareil, je connais Bouabdallah depuis le Racing. Je l'avais vu tirer ses penalties sur la gauche du gardien. J'ai poussé à sur mes jambes et j'ai sorti le ballon. »
Malgré ce scénario incroyable et cet arrêt de grande classe, Adrien Gato, reste très humble. « Avec Mathieu, on forme un bon duo. On est en concurrence mais franchement, ce soir, j'ai une pensée pour lui. Quand il est sorti, il était déçu. Je le comprends. Je l'aurai été tout autant ».
Une façon aussi pour le gardien vitréen de ne pas oublier « tout le boulot qui a été fait pour arracher cette qualification », comme clé souligne Joël Cloarec.
Effectivement. Si les Vitréens avaient été particulièrement séduisants à Bayonne, hier soir, ils ont décroché leur billet pour les 8es avec courage et abnégation. « Sincèrement, je sais que j'ai un groupe de qualité. Mais de match en match, il m'étonne. Ce soir, il y a eu une somme d'efforts incroyable. On est encore monté d'un cran face à une troisième équipe de National, bien supérieure à Libourne ou Bayonne. D'exploit en exploit, on élargit le panel de ce que l'on sait faire. Je suis vraiment baba. C'est tout simplement fabuleux ! »
Fabuleux, c'est effectivement le terme juste pour saluer le parcours de Vitré en Coupe de France. Tout comme l'ambiance qui règne dans ce groupe de 24 joueurs conscients de vivre « un truc énorme ». Et en plus, en toute simplicité. Chapeau bas les Barbus.
Nicolas CARNEC.

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