Tout commence, en réalité, avec la venue à Vitré, en 2005, d'une vingtaine d'étudiants de l'École de Chaillot, futurs architectes des Monuments historiques. « Ils ont été très impressionnés par le patrimoine architectural, vraiment exceptionnel, de Vitré. Deux groupes avaient été formés, l'un travaillant sur les fortifications, l'autre sur le monastère Saint-Nicolas. Leurs interventions portaient aussi sur la mise en valeur possible des sites. » Une exposition à la salle du Temple avait suivi, suscitant un grand intérêt du public. On ne pouvait en rester là.
Esprit d'ouverture
Un comité scientifique s'est donc constitué à la demande du maire, Pierre Méhaignerie. L'idée de proposer l'inscription de la ville au patrimoine mondial a ensuite fait son chemin. « La volonté est de travailler dans un esprit d'ouverture et d'étendre le projet à d'autres villes fortifiées de l'Ouest : des Marches de Bretagne bien sûr mais aussi au-delà jusqu'en Normandie, dans le Maine ou en Anjou. Nous souhaitons englober un territoire large qui va de la baie du Mont-Saint-Michel à celle de Bourgneuf. »
Une quinzaine de villes pourraient être concernées. « Mais, pour l'instant, nous en sommes encore au stade de la réflexion, des simples prises de contact. Nous allons d'abord monter une association avec Fougères et Châteaubriant », annonce Josiane Caillebot. Un travail long et difficile suivra sur chaque site, en faisant appel au besoin à l'archéologie. « Chaque ville devra apporter sa contribution. »
Une zone d'échanges
L'entreprise s'annonce ardue. Car pour être éligible, le dossier de candidature au patrimoine mondial doit démonter ce qui fait la valeur universelle des sites présentés. Les Marches franco-bretonnes apparaissent, à ce titre, comme une zone de conflits historiques mais aussi d'échanges commerciaux et culturels nombreux.
« Tout cela doit permettre une prise de conscience, car c'est la culture qui rassemble les gens », affirme Josiane Caillebot. Côté calendrier, « deux ans au moins seront nécessaire pour trouver les partenaires et mener les études. L'espoir est de pouvoir présenter le projet d'ici cinq ans. »
Alors, les villes des Marches franco-bretonnes vont-elles rejoindre un jour la colline de Vézelay, le Mont-Saint-Michel, le Pont du Gard ou, plus récemment, les fortifications de Vauban au titre du patrimoine mondial de l'Unesco ? « Ce qui est important, c'est de créer une dynamique, poursuit Josiane Caillebot avec passion. En cas de réussite, les retombées d'une inscription seraient énormes. Cela se traduit, en moyenne, par une augmentation de la fréquentation touristique de 30 à 40 %. »
Dominique GAYRAUD.
Pratique. Josiane Caillebot, mairie de Vitré, tél. 02 99 75 05 21.

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