Pascal, Éric et Thierry aiment se retrouver entre amis sous le toit d'Éric. « La frustration est énorme dans la rue », constate Gérard Martin, président de l'antenne locale du Secours populaire. Les SDF existent aussi à Vitré. Pourtant, il n'y a pas de centre d'hébergement d'urgence. « L'Hôtel du Nord n'existe plus. C'est triste, confie le président avant de relativiser, mais il n'y a pas qu'une seule solution ».
Le problème se situe ailleurs. Selon Gérard Martin, ça ne sert à rien de s'évertuer à vouloir les réinsérer à tout prix. « Après dix ou même cinq ans passés dans la rue et à force d'oisiveté, ce qui est cassé est cassé ! On a tout interdit aux SDF. Dans le temps, ils pouvaient faire des petits boulots comme le cirage de chaussures. Ce ne serait pas mieux qu'un RMI ? »
Même dormir dans la rue se révèle de plus en plus difficile. Alors, ils s'entraident. Pascal se souvient : « Je dormais sur des cartons à côté du tribunal et j'ai été délogé à deux reprises par la police municipale ». Aujourd'hui, Pascal est hébergé par Éric. En échange, il participe aux courses. « Vu mes problèmes de santé et mon diabète, je serais mort si Éric ne m'avait pas accepté chez lui ». Le sans-abri agite dans sa main une demande d'appartement datant d'il y a deux ans. « Les structures ne sont plus adaptées à Vitré ! » Au-delà de la réinsertion, ces hommes demandent de l'affection et un peu d'autonomie pour se réaliser. « Ce sont de grands rêveurs qui sont descendus du train en marche. »
Des vies marquées par un drame
À 42 ans, Pascal est dans la rue depuis l'âge de 19 ans. Sa situation a basculé après un accident de mobylette à Orléans. Sa petite amie enceinte meurt sur le coup. La vie de Pascal bascule. Sans diplôme, il part sur la route avec un ami SDF. « La rue n'arrange pas le moral d'une personne. Et il y a de plus en plus de jeunes. Quand on perd son appart, on n'a plus rien, ça va très vite. Alors on boit pour se réchauffer la nuit, on picole sous les ponts pour ne pas mourir de froid. Parfois avec la manche, on arrivait à se payer l'hôtel ». En mal d'affection, Pascal recueille Ganja. Sa petite chienne ne le quittera plus. Et toujours la route : le Sud, la Charente puis la Bretagne, où il croise le chemin d'Éric, 43 ans.
Éric est handicapé depuis l'âge de 18 ans. Après un accident de voiture, le jeune détenteur d'un CAP charpentier, ébénisterie et menuiserie, ne peut plus exercer. Aujourd'hui, Éric touche une allocation d'adulte handicapé. Alors Bernard, le voisin retraité, l'aide. « Je veille à ce que personne ne profite de la bonté d'Éric en accord avec le curateur. » Le voisin a déniché des meubles à bas coût. « Je les considère comme mes enfants. J'interviens aussi quand ils s'engueulent. Ça a été difficile au début. Maintenant, ils sont bien intégrés à la vie du quartier ».
Virginie MAYET.
mardi 09 février 23:35 Rennes
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merci à ornela et vincent pour leur accueil à chaque fois, bons petits apéros maison, cartes...

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C'est un film qu'il faut absolument aller voir. Une émotion se dégage et même...

