L'UMP s'ancre dans la circonscription
Il est 20 h 10, dans la salle des mariages, les Vitréens applaudissent les résultats de leur maire, dans la ville de Vitré. Mais l'incertitude demeure dans le reste de la circonscription.
A la faveur d'une participation en baisse, Pierre Méhaignerie a ancré l'UMP dans la cinquième circonscription, dimanche soir. Et creusé l'écart avec l'UDF.
On a moins voté dans la circonscription de Vitré-Rennes Est qu'en 2002. La participation chute de trois points. « Les gens ont considéré que les jeux étaient faits » commente sobrement le vainqueur Pierre Méhaignerie. La campagne n'a pas déchaîné l'enthousiasme de l'élection présidentielle. Avec 52,6 %, Pierre Méhaignerie gagne l'élection dès le premier tour mais il perd sept points par rapport à 2002 (59,5 %).Pierre Méhaignerie en profite toutefois largement pour creuser l'écart avec l'UDF, son ancienne formation politique, et ancre l'UMP : « la personnalité du candidat a pesé mais je constate également que l'image de Nicolas Sarkozy s'est très nettement améliorée. Cela corrige le résultat de l'élection présidentielle où on a caricaturé Nicolas Sarkozy. » L'heure est à la normalisation.À Vitré, Pierre Méhaignerie arrive en tête dans les dix bureaux de vote, y compris à la halle du Temple, au Mille-Club des Chênes et salle du Mée où Ségolène Royal (PS) arrivait en tête au second tour de l'élection présidentielle. Il arrive en tête dans 74 communes de la circonscription, dépasse même les 70 % dans onze communes, réalise ses meilleurs scores à Moussé (73,02 %), Gennes-sur-Seiche (72,78 %) et Saint-Germain-du-Pinel (72,60 %). Il perd sept points à Rennes (32,55 % au lieu de 39,35 % en 2002), neuf points à Acigné et quatre points à Saint-Armel, les trois communes où il réalise ses plus mauvais scores.La déception du PS et de l'UDFC'est justement dans ces trois communes que Clotilde Tascon-Mennetrier, candidate du parti socialiste réalise ses meilleurs scores. Mais elle ne dépasse jamais la barre des 40 % : elle gagne sept points à Rennes, un point à Acigné et Saint-Armel, les trois communes où elle arrive en tête, devant Pierre Méhaignerie qu'elle affronte pour la troisième fois. Mais pour la troisième fois, elle n'emmènera pas Pierre Méhaignerie au second tour. « J'améliore mon score de 2002 de deux points. Malgré la vague bleue, on assiste à un net effritement de l'électorat de Pierre Méhaignerie. Il est évident que la Gauche, dans cette région, à un combat à mener. » Cesson-Sévigné qui portait ses espoirs (Ségolène Royal est arrivée en tête, devant Nicolas Sarkozy, au second tour de l'élection présidentielle), n'a pas confirmé son vote. À Cesson, Pierre Méhaignerie perd sept points mais il revient au-devant de la scène et creuse l'écart avec la candidate socialiste et le candidat UDF.Pour Pierre-Yves Martin, le candidat UDF-MoDem, dimanche soir, la défaite avait un goût amer. Malgré une campagne débridée, il n'arrive jamais en tête, réalise ses meilleurs scores à Éancé (28,65 %), Martigné-Ferchaud (21,34 %) et Torcé (19,52 %). À chaque fois derrière Pierre Méhaignerie. Seul réconfort : il devance la candidate socialiste dans 24 communes sur 77. Mais il totalise moins de 10 % des voix dans douze communes. L'effet Bayrou n'a pas joué.Pour les autres partis, c'est l'hécatombe. Le tandem UDB-Les Verts rassemble à peine 3,6 %. Les candidats du Front national, de Lutte ouvrière et du parti communiste dépassent péniblement 1 %. La Gauche antilibérale, le Mouvement pour la France, le Parti Breton et La France en action font moins de 1 %.Bertrand BONENFANT.
Ouest-France