Le 12 novembre, un militant anti-OGM, intrigué par la récolte tardive d'une parcelle de maïs, a prélevé un échantillon. Il s'agit de la variété BT11, dont la culture est interdite. : Archives Ouest-France/Stéphane GeufroiC'est le fait du hasard et de l'observation d'un militant anti-OGM, vers le 12 novembre, qui a permis la découverte. « La récolte tardive de la parcelle dans laquelle le prélèvement a été pratiqué, et la manière très précautionneuse dont elle a été récoltée, ont attiré l'attention de membres du collectif », explique Mikael Laurent, chargé de mission à la Maison de la consommation et de l'environnement, à Rennes.
D'où vient le BT11 ?
Les restes de racines et de tiges de maïs enfouies, recueillies sur une parcelle de la commune de Hédé, ont été analysés par le laboratoire Ad.Gène, de Caen. Les résultats sont arrivés le 23 novembre. Ils mettent en évidence la présence d'un marqueur OGM, le BT11 (du groupe Syngenta), interdit à la culture en plein champ, « car insecticide et résistant à un herbicide total ».
Depuis juillet 2007, en France, 22 000 ha sont déclarés en cultures commerciales d'OGM en plein champ. Surfaces et type de maïs semés sont répertoriés. Le seul maïs génétiquement modifié autorisé est le Mon810 (produit par Monsanto). En Bretagne, seules trois parcelles ont fait l'objet d'une déclaration : sur les cantons de Hédé (1,23 ha) et Redon (0,5 ha), en Ille-et-Vilaine, et sur celui de Rochefort-en-Terre (0,5 ha) dans le Morbihan. Alors, d'où vient ce BT11 ?
Malgré les résultats des analyses, le collectif d'opposants aux OGM, « OGM 35 », reste prudent : « Il y a des doutes, plus que des doutes, même ! » avance, un brin ironique, Dominique Macé, l'un des animateurs du collectif. Jeudi matin, une plainte contre X a été déposée par Yves Jan, vice-président d'Agrobio 35, au nom de son organisation, pour le collectif. Cette plainte vise à dénicher le (ou les) opérateur(s) économique(s) « qui ont permis à de la semence non autorisée d'arriver chez un agriculteur ». L'enquête est menée par des gendarmes spécialisés dans la recherche de pollutions environnementales.
Le collectif, qui se défend de vouloir jeter la suspicion sur le monde agricole cantonal, à Hédé, cible aussi « les personnes ayant cultivé le maïs OGM, si elles avaient la connaissance de sa véritable nature et de son interdiction ».
Une première en France
La plainte touche aussi l'État. Dans un courrier daté de mercredi, le collectif demande au préfet la procédure qu'il compte mettre en place pour réagir à cette découverte. Et dans quels délais. Hier, à la préfecture, on déclarait « découvrir cette affaire. Une plainte a été déposée. Il y a suspicion d'une culture illégale. Mais au point où nous en sommes, les services de l'État ne sont pas concernés », précise-t-on dans l'entourage du préfet.
Au Conseil régional de Bretagne, on s'inquiète. « Cette parcelle faisait-elle l'objet d'un suivi ? Comment a-t-on pu laisser ce maïs BT11 non autorisé se développer ? Quelle filière a-t-il pu emprunter pour se retrouver sur nos terres ? » La Bretagne est l'une des 42 régions en Europe qui militent pour des territoires sans OGM.
Si la présence de maïs OGM interdit venait à être confirmée, la plainte entraînerait une enquête judiciaire. Ce serait, alors, une première en France.
Edouard MARET et Philippe GAILLARD.

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