Des caméras de surveillance dans le centre ville de Vitré ?









Royal ! Le monde servi sur un plateau dans un château ! La Méditerranée traversée par les pauvres du Sud (Lo Cor de la Plana), les esclaves de La Réunion sortis de l'oubli grâce au Maloya de Waro, la beauté mystique d'une Corse paradoxale (A Filetta), l'austérité granitique mais majestueuse du trio féminin breton (Ebrel-Le Buhé-Vassalo), le bandonéon théâtral de l'Italien Daniele di Bonaventura, les voix slaves et tziganes des envoûtantes Chet Nuneta. Il ne manquait plus que les rappeurs de Gaza team qui se produisaient au Coquelicot ou les latinos de Macondo qui avaient animé les terrasses en début de soirée.
Toutes ces voix, portées par les mêmes vibrations, ont - le temps d'un final - esquissé une belle synthèse : celle d'une culture métissée, ouverte dans le respect des traditions spécifiques. Avec une énergie contagieuse, fruit de rencontres tout au long des trois jours.
Un tel final récompense aussi tous les efforts déployés par l'équipe technique du festival. Oubliées les contraintes de toutes sortes. Oubliés, les soucis quotidiens de la météo (qui a été favorable). Oubliés les inévitables grains de sable qui, forcément, profitent du moindre interstice. Pari gagné pour Claude Berceliot et sa bande, renforcée cette année par la Granjagoul.
Mais parce qu'il y a eu ce final-là, et sans être obsédé par Bobital, on a un petit regret : que cet ultime rendez-vous n'ait pas été plus massivement partagé ! 700 spectateurs seulement, est-on tenté de dire (comme le premier soir, mais moins que le second, 900). Pourtant, tous les efforts sont faits pour attirer le plus grand nombre (transports, tarifs, communication etc...), surtout de Fougères. Les abstentionnistes passent vraiment à côté de quelque chose. Mais bon, il y aura d'autres éditions pour se rattraper, espérons-le. Et dès 2009 dans un château réaménagé.
Éric CHOPIN.