Rentrée incertaine pour Supinfo à Saint-Malo
Supinfo, école supérieure d'informatique, forme des ingénieurs en cinq ans. Elle ouvre dans quelques semaines une nouvelle antenne à Rennes, place du Colombier. Mais le site de Saint-Malo semble menacé. : Archive Ouest-France
L'école privée d'informatique Supinfo va ouvrir une nouvelle antenne à Rennes. En revanche, le site malouin, inauguré en 2005, pourrait fermer.
Ce n'est pas encore l'heure de la rentrée à Supinfo. L'école privée d'informatique, qui forme de futurs ingénieurs en cinq ans, a prévu une pré-rentrée en octobre, avant la reprise des cours en novembre. Nouveauté cette année, l'école va créer une antenne à Rennes, en plein coeur de la ville, place du Colombier.
En revanche, elle n'ouvrira pas à Brest comme prévu. Le projet est reporté à l'an prochain. Sur son site internet, elle vante les charmes de la capitale bretonne, « ville universitaire depuis le XVIIIe siècle, l'un des centres français les plus importants en ce domaine avec 60 000 étudiants ».
Vingt-huit sites en France
Depuis sa création en 1965, l'école d'informatique, qui s'affirme leader en France, a multiplié les implantations. Elle compte 41 écoles dans le monde, dont 28 en France. Souvent dans de grandes villes prestigieuses comme Paris, Londres, Milan, Montréal, Pékin ou San Francisco.
En Bretagne, le premier site à ouvrir a été celui de Saint-Malo, en 2005. Seulement voilà, après trois ans de fonctionnement, c'est l'incertitude pour la rentrée à venir. Dans les couloirs de l'école, située non loin de la gare, c'est le silence radio.
« Pour le moment, je ne peux rien dire, indique la directrice, Sylvie Baron, j'attends des informations officielles de notre siège à Paris. » Pourtant, tout semble indiquer que l'école va fermer au profit la nouvelle antenne rennaise.
En cause, le manque d'étudiants. L'an dernier, ils étaient seulement quarante-six à Saint-Malo, répartis dans quatre promotions. « Cela fait des promotions à huit ou neuf élèves. Ils se connaissent bien mais ils finissent par s'ennuyer, concède Sylvie Baron, il n'y a pas assez d'émulation entre eux. » D'ailleurs, dès l'annonce de l'ouverture d'une nouvelle école, la moitié a fait le choix de partir à Rennes.
Du côté des élus, on attend de voir. « Supinfo devrait faire sa rentrée, mais on ne sait toujours pas s'il s'agit d'une suite ou d'une fin de scolarité. Nous avons peu d'information, la communication passe mal », commente René Couanau, le député-maire de Saint-Malo, un brin agacé par ces rumeurs de déménagement.
La municipalité a fait des efforts au moment de l'arrivée de Supinfo, en rénovant les Cottages, une ancienne école élémentaire, pour abriter cette nouvelle formation supérieure. D'ores et déjà, elle a trouvé un autre locataire. L'Arep, un organisme de formation continue, est candidate pour occuper les locaux s'ils devenaient vacants.
Olivier BERREZAI.
Ouest-France