



Pour s'immerger plus profondément au coeur du Grand Aquarium de Saint-Malo, le visiteur pourra prolonger son excursion dans les coulissesdu site. Salle des filtres, salles de quarantaine, laboratoire, autant d'outils nécessaires au confort des poissons. : Grand Aquarium de Saint-MaloUn million de litres d'eau
Pendant l'été, il est possible de découvrir la machinerie qui se cache derrière le monde merveilleux des aquariums. Et prendre la mesure du travail nécessaire pour la bonne tenue de l'attraction et surtout pour le bien-être de ses résidents aquatiques.
Un confort qui commence par l'eau. Éliminer les excréments et les restes de nourriture, c'est le rôle de l'imposante salle des filtres, enchevêtrement de tuyaux et de mousses.
Pour chaque aquarium, il faut contrôler le pH (l'acidité), la salinité et la température. Tous les poissons ont le sang-froid, ils sont donc incapables de réguler leur température corporelle.
Au final, le million de litres d'eau contenu dans l'ensemble des aquariums du site est nettoyé toutes les heures. La perte d'eau, de 2 % environ, est comblée tous les matins par de l'eau de mer pompée au large de la cité malouine, et acheminée à l'aide de deux camions-citernes.
Trois semaines en quarantaine
Les coulisses, ce sont aussi les deux salles de quarantaine, qui portent bien leur nom puisque le visiteur ne pourra y mettre les pieds. « Ce serait trop stressant pour les occupants », affirme Yann Guillouzo. À la tête de son équipe de cinq biologistes, il y réceptionne tous les nouveaux arrivants, pas vraiment habitués à voir défiler les visages. Un passage de trois semaines est obligatoire. Le temps de s'assurer que le patient n'est pas malade.
La patience, c'est bien ce dont doit faire preuve l'équipe de Yann Guillouzo pour acclimater le nouveau venu. Une rupture trop brutale et le poisson peut rendre l'âme. « Les poissons tropicaux sont fragiles, mais il n'y a pas plus de 2 % de pertes », rassure l'aquariologiste.
Le passage en quarantaine permet aussi d'habituer le prédateur à la nourriture morte. Car il n'est pas possible pour l'Aquarium de nourrir tous ses protégés avec du poisson frais. Près de 90 kg sont nécessaires toutes les semaines, dont une grande partie pour satisfaire les huit requins. Et si les enfants n'aiment pas les épinards, les poissons herbivores s'en contentent facilement avec des bouts de pommes. Qualité de l'eau, menu alimentaire, soins... Tout est fait pour que les occupants de l'Aquarium se sentent comme des poissons dans l'eau.
Joseph BANCAUD.