Des caméras de surveillance dans le centre ville de Vitré ?









En matière de tourisme vert, les bonnes idées paient, et de plus en plus d'ailleurs lorsqu'elles associent vacances et développement durable. : archives Jean-Yves DesfouxL'été, la campagne fait encore trop souvent peur aux citadins, spécialement à ceux des classes les moins favorisées. Peur d'affronter des manques de confort. Peur de s'ennuyer ferme alors que, pas loin, les plages donnent l'impression d'offrir d'inépuisables plaisirs, complétés par des animations vespérales entre amis autour de moules-frites ou de galettes-saucisses.
Par bonheur, le tourisme patrimonial et cultuel, les balades en forêt ou le long des canaux, les séjours en gîtes et en chambres d'hôtes, ont leurs amateurs et même leurs inconditionnels. Pourtant, admet le directeur de la fédération des pays d'accueil de Bretagne, Jean-Marc Birer, « quoi qu'on ait pu faire pour réformer des pratiques professionnelles obsolètes et promouvoir le tourisme rural, on a du mal, en effet, à lutter contre cette fameuse peur de l'ennui. »
Un tourisme organisé et novateur
Comment mieux organiser la complémentarité entre les stations du bord de mer et les bourgs ruraux ? mieux tirer parti de tout ce qui gravite autour des notions de développement durable, tellement dans l'air du temps ? mettre plus efficacement en réseau l'ensemble des acteurs du tourisme de l'intérieur ? Voilà quelques-unes des questions qui devraient animer les débats des Assises nationales du tourisme rural, les 24, 25 et 26 septembre, dans le pays de Fougères, exemplaire à bien des égards en la matière. « On attend quatre cents participants, au bas mot. Ça faisait près de vingt ans qu'on n'avait plus organisé de telles rencontres », dit J.-M. Birer, pas fâché d'avoir permis à la Bretagne d'arracher leur organisation à l'Auvergne, région strictement rurale, elle.
Au moment où le conseil régional décline les éléments d'une politique nouvelle, contenue dans un schéma touristique tout frais, les échanges programmés à Fougères offriront du grain à moudre et des pistes à « renifler », ailleurs dans l'Hexagone. « On sait, commente Jean-Marc Birer, que les retours sur investissements sont beaucoup plus longs à la campagne qu'à la mer ; qu'il ne suffit plus d'être un simple hébergeant pour attirer du monde. On sait aussi que l'hôtellerie rurale traditionnelle continuera de souffrir, si elle ne s'adapte pas mieux aux nécessités de l'époque ; qu'il importe de mieux coordonner les politiques départementales et faire davantage travailler en réseau les professionnels, à l'image de ce que font déjà les Restaurants du terroir et les Cafés de pays. »
Pas de défaitisme. Les bonnes idées paient. Le patron de la « fédé » des pays d'accueil cite ainsi un exemple de vacances réussies sous le signe du développement durable. L'hébergeant propose des circuits sans usage de voiture, des repas bio, une sensibilisation aux économies d'énergie et d'autres initiatives écocitoyennes. Tourisme de niche ? Peut-être. « J'y crois beaucoup », assure Jean-Marc Birer.
Alain GUELLEC.