



Dans la cour, ces derniers jeunes accueillis à l'Epide d'Étrelles vont devoir quitter les locaux d'ici au 31 juillet. Deux d'entre eux vont poursuivre leur parcours d'insertion dans le centre voisin de Combrée, dans le Maine-et-Loire. Placée sous la tutelle du ministère de la Défense, cette école pas comme les autres, appelée Établissement public d'insertion et de défense (Epide), a accueilli en deux ans 90 jeunes, âgés de 18 à 23 ans.
L'objectif : les réinsérer dans la vie sociale et professionnelle. Bilan des courses : les deux tiers de ceux qui sont allés jusqu'au bout de la formation ont décroché un CDI ou CDD de six mois. Soit trente insertions professionnelles qui se sont concrétisées dans des domaines variés (logistique, vente, esthétique, armée, restauration collective, bâtiment, nettoyage).
Plus qu'un centre en Bretagne
« On ne fait pas des miracles, analyse le pragmatique directeur, Éric Marty. Mais on a le sentiment d'avoir fait tout ce qu'on pouvait faire. Les jeunes qu'on accueille pendant huit mois, portent en général un lourd passé. Pour qu'ils se stabilisent, il faut un certain temps. »
Pour remettre ces jeunes sur les rails, des méthodes simples, inspirées de l'armée. Beaucoup de sport, du français, des maths et de l'instruction civique avec notamment le chant de la Marseillaise tous les vendredis.
Une des clefs de voûte du dispositif, c'est le pensionnat. « Ils dorment sur place. Extinction des lumières à 22 h 30 et levée à 6 h. On leur donne un cadre et un rythme de vie. Ils portent aussi un uniforme qui gomme les différences sociales », explique Éric Marty.
Alors ce mode de réinsertion a-t-il de l'avenir ? « C'est un bon système, réplique le responsable. À condition de travailler en collaboration avec les autres associations et structures d'insertion sociale comme les Missions locales. On est complémentaire. »
En septembre, Éric Marty passe à la tête de l'Epide de Combrée. Mais c'est avec un léger pincement au coeur qu'il va quitter Étrelles. « L'équipe était très soudée. On s'était beaucoup investi pour s'insérer dans le tissu local et mettre en place un réseau entre Rennes et Vitré. Nous étions sur une bonne lancée. » Après la fermeture d'Étrelles, il ne restera donc qu'un seul Epide en Bretagne, celui de Lanrodec dans les Côtes-d'Armor.
Camille SARRET.
Pratique. Plus d'informations sur le site Internet, www. epide.fr