Football : Rennes brigue toujours son aventure européenne
C'est dans un stade à moitié vide que Bruno Cheyrou et ses coéquipiers affronteront l'équipe de Stabaek, ce soir. : Philippe Chérel
Coupe de l'UEFA (2e tour qualificatif). Rennes - Stabaek. Défaits lors du match aller (2-1), les Rennais doivent battre les Norvégiens et séduire leur public.
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Le Stade Rennais et l'Europe, ce n'est pas une longue histoire. Pour ne pas fâcher les historiens, nous n'oublierons pas les deux participations à la Coupe des Coupes, en 1965 et 1971, avortées au premier tour. On se souvient, quelques décennies plus tard, des trois participations à la Coupe Intertoto (en 1996, 1999 et 2001) marquées par autant d'échecs.
Puis est venue en 2005, enfin, une première qualification pour la Coupe de l'UEFA. Après un premier tour plein de promesses face à Osasuna, les Rennais, avec zéro point en quatre rencontres, sortaient bons derniers d'une phase de poule désastreuse. La même la saison passée, avec deux points et une dernière place.
« Créer un engouement »
Cette année, les Rouge et Noir ont encore obtenu leur qualification européenne au terme d'une fin de saison en boulet de canon. « On est allé chercher cette Coupe de l'UEFA, rappelle Guy Lacombe. Lors de la dernière journée, nous allons gagner à Nancy qui était invaincu à domicile. Peu de gens misaient sur nous. Puis nous allons nous arracher à Simferopol. » Après un match aller gagné à l'arraché, dans les arrêts de jeu, grâce à un but de Fanni (1-0), les Bretons s'imposaient en Ukraine au terme d'une épique série de 24 tirs au but.
Certes battus à Stabaek, il y a deux semaines (2-1), les Rennais connaissent l'importance de leur but marqué en Norvège. Un petit 1-0 ferait le bonheur de Petter Hansson et ses partenaires, ce soir. Le capitaine voit d'ailleurs du mieux dans son arrière-garde. « Nous avons pris quatre buts contre l'OM, deux à Stabaek, puis un contre Grenoble et Lille. » Pour la défense du Suédois, il est vrai que la seconde période face à Lille, lorsque l'équipe jouait moins allongée, a un peu rassuré. Rennes va encore devoir jouer en bloc pour « ne pas prendre de but », explique Guy Lacombe. Avant d'ajouter : « On peut en encaisser un si on en met trois ! »
L'entraîneur promet en effet une rencontre spectaculaire. « On va assister à un très bon match. Il y aura de très beaux joueurs sur le terrain, notamment côté norvégien. Nous allons être obligés d'attaquer, cela va être chaud. C'est ça l'Europe ! » Une communication de circonstance, 24 heures avant le début de la rencontre.
Car les guichets du Stade de la Route de Lorient seront très loin de s'afficher fermés, ce soir, à peine 8 000 siègres ayant trouvé preneur, hier. Le public rennais, qui semble tant s'enthousiasmer à chaque fin de saison lorsque ses protégés flirtent avec les places européennes, n'a pas noté le rendez-vous UEFA. Et ce n'est pourtant pas le prix des places, compris entre 10 et 20 euros, qui devrait le rebuter.
« C'est à nous de créer un engouement, justifie Guy Lacombe. On n'est jamais soutenu dans le début d'une aventure. » Surtout lorsque ces aventures ont la triste habitude de s'achever à leurs balbutiements. A cette équipe 2008-2009 d'offrir à son public, qui attend depuis si longtemps, un réel épisode européen.
Simon POSNIC.
Ouest-France