













Côté Rennais, les lignes arrières sont aux premières loges, sous le feu des critiques. Cinq buts encaissés en deux rencontres, ça fait grincer des dents. Guy Lacombe : « Pendant les matches de préparation, la défense était sans cesse modifiée. Je ne peux pas fabriquer une charnière centrale en deux coups de cuillère. Il faut bien le reconnaître, c'est compliqué. Pendant les matches amicaux, on ne prend pas de buts. Étais-je serein pour autant ? Non. Je savais qu'on aurait des soucis dans ce secteur. Tout cela demande du travail. Je veux voir, travailler, expérimenter avec de dire si c'est bon ou pas. » Un technicien breton qui s'agace quand on stigmatise ce secteur de jeu : « Il faut arrêter de dire que, à Grenoble, on perd à cause de la défense. On attaque et on défend à 11 », avant de reconnaître tout de même que « Carlos Bocanegra, c'est vrai, n'est pas encore complètement à l'aise »...
Pour remporter une première victoire cette saison, le Stade Rennais devra inverser deux fâcheuses tendances. Tout d'abord, battre Lille à domicile. Depuis six saisons, les Nordistes quittent les bords de la Vilaine avec, au moins, le point du match nul. Ensuite, bien démarrer la rencontre. Après le départ en boulet de canon face à Marseille (4-4), les Rennais ont connu un certain retard à l'allumage, à Grenoble (0-1). « On a toujours eu des problèmes dans ce secteur, concède Guy Lacombe. Lors du premier match, après un bon début, nous avons trop facilement laissé Marseille revenir dans le coup. Face à Stabaek et Grenoble, nous n'étions pas à la hauteur en début de rencontre. » Le remède, le coach le connaît : « Tout cela se joue souvent dans la tête. Contre Marseille, les joueurs avaient décidé ensemble d'aller vaincre. Aujourd'hui, je pense être en droit de demander que tous les acteurs du jeu se donnent à 100 %. »
Esprit, es-tu là ?
Ce fameux « esprit d'équipe », si difficile à insuffler à Rennes selon les dires de Lacombe, vendredi en conférence de presse. Pour lui, l'équipe a trop changé à l'intersaison : « L'unité de groupe, c'est l'essentiel, la base. Aujourd'hui, on est en train de tout reconstruire. » Mais dans le climat actuel, le Stade Rennais est-il suffisamment serein pour parvenir à cette osmose ? « On voit bien qu'en ce moment, les intérêts personnels passent avant l'intérêt collectif rétorque Lacombe. Mais en tant qu'entraîneur, propose-t-il des solutions ? « Les joueurs devraient avoir des idées. Les leaders, les compétiteurs doivent se mettre en avant. Ainsi, une équipe type se dégagera. D'elle-même. »
Rennes à la recherche de son 11 perdu. Une ossature dont Fabien Lemoine fera assurément partie. Nostalgique, le milieu de terrain reconnaît certaines carences collectives : « Il y a peut-être eu des moments où on évoluait moins ensemble. Nous devons reprendre sur les bases de notre fin de saison dernière. Chacun se battait pour le copain d'à côté. » Les joueurs sont-ils prêts à cela ? « J'espère. Sinon, on ne va pas s'en sortir. On ne prend du plaisir que par la gagne et je sais que nous sommes capables d'y arriver. »
Allez, pour lancer la saison, un tout ch'ti succès contre Lille, ça ferait du bien...
Jérôme LACROIX.