













Samedi dernier, Rio Mavuba et les Lillois se sont inclinés à domicile face aux Manceaux de Stromstad (1-3). : Philippe RenaultLILLE (correspondance spéciale). Bercé par une préparation estivale en trompe-l'oeil (six victoires et un nul), le LOSC est déjà en retard en Ligue 1 (19e), à vingt-quatre heures d'affronter le Stade Rennais, dimanche. Le nouveau club de Rudi Garcia a du pain sur la planche et déjà des choses à se faire pardonner.
À vrai dire, l'ancien coach du Mans ne s'attendait certainement pas à un tel chantier en débarquant dans le confort ouaté du Domaine de Luchin, le centre d'entraînement lillois, en service depuis un an. Le successeur de Claude Puel est face à un puzzle compliqué depuis son arrivée : son effectif est miné par les absences et le recrutement n'avance pas, avant de venir se mesurer au Stade Rennais.
Privé d'une colonne vertébrale complète (Sylva parti, Plestan convalescent, Mirallas aux JO et Frau victime d'une fracture de la cheville à Nancy), le technicien doit également jongler entre les suspensions et les bobos du quotidien pour trouver des solutions. Après la gifle face au Mans (1-3), samedi dernier, il n'a pourtant pas cherché à se cacher : « Nous sommes responsables de ce qui nous est arrivé. On doit analyser cela, mais Le Mans n'a pas volé sa victoire. C'est une faillite collective et un non-match où l'on a manqué de percussion, de vitesse... De tout en fait. »
Depuis le début de semaine, l'entraîneur lillois a travaillé avec un groupe restreint, tandis que ses dirigeants étaient censés s'activer sur le front des transferts. Mais, à Rennes, il devra réussir avec son groupe actuel. Il le sait déjà. Les joueurs, qui se sont réunis pour se dire les choses en face, ont compris qu'ils ne devront compter que sur leur orgueil, dimanche, face aux joueurs de Guy Lacombe. « On a beaucoup d'absents mais on ne doit pas s'arrêter à ça, affirme Rio Mavuba, le capitaine. C'est avec ce groupe-là qu'on s'en sortira, cette saison. On avait les moyens de battre Le Mans et si on ne l'a pas fait, ce n'est pas une question de recrues. » L'ancien Bordelais, qui a signé cet été pour quatre ans, s'attend d'ailleurs à « un match difficile à Rennes. Ils ont besoin de points comme nous, et c'est certain, ça va être chaud. »
Pour l'heure, les grands défis de Garcia patienteront, donc. En arrivant, le technicien avait promis un « jeu ambitieux, porté vers l'avant », avec la volonté de faire évoluer le bloc-défensif mis en place par Claude Puel, solide mais réputé rébarbatif et indigeste par le grand public, à Lille et ailleurs. Mais, prisonnier d'un effectif où le milieu de terrain est roi (Mavuba-Balmont-Cabaye) et où le potentiel offensif est encore incomplet, Garcia s'adapte. Dimanche, il pourrait d'ailleurs bien être privé de Fauvergue, le dernier attaquant pro valide qui lui reste. Victime d'un coup sur le genou, l'avant-centre est aux soins, pour l'instant. À Lille, les travaux d'envergure ont pris du retard. Pour l'instant, il s'agit de réparer les fuites.
Antoine PLACER.