Football : L'effet Wiltord va-t-il se manifester à Lyon ?
Wiltord effectue son retour aujourd'hui comme titulaire.
Ligue 1. Lyon - Rennes (17 h 10). L'ancien Lyonnais n'a plus été titulaire depuis deux mois. Il pourrait le redevenir cet après-midi, et montrer qu'il est encore vert.
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Wiltord titulaire contre Lyon ? « C'est sûr que, dans les circonstances actuelles (ndlr : absence de Leroy), on peut envisager la chose. » C'est Guy Lacombe qui le dit, il y a donc tout lieu de le croire. En soi, voilà une hypothèse qui aurait dû sonner comme une évidence. D'ailleurs, au match aller, en novembre, la question ne s'était même pas posée. Depuis, l'hiver a fait son oeuvre sur l'international français.
Depuis le 9 février, et la défaite à domicile contre Auxerre, Sylvain Wiltord n'a plus été titularisé par Guy Lacombe. Son chronomètre ne mentionne que 47 minutes de jeu sur les huit derniers matches. Et si Bruno Cheyrou n'avait pas été malencontreusement blessé par son coéquipier Dembélé, rien ne dit que cela dépasserait la vingtaine de minutes.
Bien qu'il lui ait fait confiance lors de son arrivée, le nouvel entraîneur rennais a vite constaté que le rendement de celui qui possède l'un des plus beaux CV du football français était nettement insuffisant. « Ces derniers temps, il était en dessous. Je le lui ai dit, d'ailleurs » assure Guy Lacombe.
Mieux sans lui qu'avec lui
Problème majeur pour « Nino », comme le surnomment ses coéquipiers, le Stade Rennais marche plutôt mieux sans lui depuis deux mois. Avec 14 points pris lors des huit dernières rencontres, les Rouge et Noir tournent à 1,75 point de moyenne par match. Pas si mal.
Et si l'on étend les statistiques à l'ensemble de la saison, il est difficile de mesurer un « effet Wiltord » ailleurs qu'à la boutique officielle (où sa tunique figure dans les trois meilleures ventes). La preuve par les chiffres : lors des 14 matches où il a été titularisé, Rennes a pris 19 points, soit une moyenne de 1,36 point par match. Lors des 18 matches où il n'a pas été titularisé (voire pas joué du tout), l'équipe a engrangé 25 points, soit une moyenne de 1,39 point par match.
Vu son statut, il est aisé de se dire que l'ancien Lyonnais doit peu apprécier sa situation de cireur de banc. Eh bien, il semblerait que non ! En tout cas, il n'en fait pas un casus belli. « J'ai envie de jouer parce que je suis un compétiteur, mais mon cas personnel, je le garde pour moi, assure-t-il. J'ai envie de jouer, c'est sûr. Je garde la niaque. Je mets l'ambiance dans le vestiaire. Je chambre, que l'on gagne, que l'on perde. Ces derniers temps, les joueurs qui étaient sur le terrain ont bien fait leur boulot. Même si j'ai envie de participer au jeu, ça se passe bien. »
Un discours que l'on pourrait croire de circonstance, si ses coéquipiers, Jimmy Briand et Olivier Sorlin notamment, ne confirmaient ses dires. « À son âge, et avec l'expérience qu'il possède, il gère ces périodes différemment. Mais je vous assure qu'il est toujours de bonne humeur dans le vestiaire. »
Du mieux
D'autant que ses deux dernières entrées en jeu ont été très intéressantes et ont, peut-être, laissé entrevoir une sortie d'hibernation. « Sylvain Wiltord est très bien rentré samedi contre Bordeaux, mais aussi à Monaco, où on peut considérer qu'il avait été décisif. Nino, c'est d'ailleurs un bon rentrant » concède sans difficulté le coach rennais.
Pour le moment, il ne devrait donc pas y avoir d'affaire Wiltord. Ceux qui le voyaient déjà négocier en coulisses avec le PSG ou Marseille, vont devoir réformer leurs fantasmes du moment. « Paris c'est un peu l'Arlésienne, et Marseille ça ne se fera jamais » assure son avocat, Maître Hénon-Hilaire. « Je me sens bien à Rennes, je suis venu pour deux ans... poursuit Sylvain Wiltord. Ce sont peut-être mes dernières années [...]. Je suis bien ici. Les entraînements sont bons, le groupe est bon, je peux bien bosser et j'ai été bien accueilli. Mais je pense que je peux montrer encore plus. »
Il lui reste encore six matches pour convaincre ses détracteurs qu'il est bien plus qu'un vecteur marketing de premier choix pour vendre des maillots.
Jacques GUYADER.
Ouest-France