Guy, avec le recul, quel est votre sentiment après cette victoire face à Lyon ?C'est superbe. On marque trois buts, on prend les trois points face au leader qui était invaincu. Le tout en développant du jeu, en se créant beaucoup d'occasions avec pas moins de 17 tirs au but... C'est donc extrêmement gratifiant.
Vous attendiez-vous à une telle prestation de votre équipe ?Chaque match a sa vérité, c'est donc difficile de prédire ce genre de scénario. Je pense toutefois que nous avons bénéficié de la conjoncture du moment. D'abord, nous étions très revanchards après notre élimination injuste à Twente en Coupe UEFA. Ensuite, quand vous jouez Lyon, la motivation vient d'elle-même. D'ailleurs, je n'ai pas eu besoin de beaucoup motiver les gars avant le match. D'autre part, je pense que les Lyonnais avaient misé sur le fait que nous avions 48 h de moins de récupération.
Au final, cela ne s'est pas vu sur le terrain. Pourtant, on vous a senti très inquiet jusqu'à la fin...En face, c'est quand même Lyon. Et je peux vous dire que même à 3-0, je ne voulais pas que l'on encaisse de but.
On a le sentiment que le Stade Rennais a livré son match le plus complet de la saison. Qu'en pensez-vous ?On joue bien depuis quelque temps. Sans être récompensé. Sur ce match, je suis content que l'on ait pu valoriser le secteur offensif. Cela a été possible parce que tout le monde a fait des efforts à la récupération du ballon.
Après une telle prestation, vous ne pouvez pas attendre moins de la part de vos joueurs. Comment allez-vous gérer cela ?C'est toute la question des semaines à venir. Je dirais même que l'on doit encore faire mieux dans certaines situations. Du coup, je peux vous dire que j'ai presque hâte d'être à Auxerre, dans quinze jours. Mais je sais aussi qu'il va nous falloir assumer ce statut de tombeurs de Lyon. Et je peux vous dire qu'on va être attendu partout.
Malgré tout, vous semblez disposer d'un groupe au potentiel plus élevé que la saison dernière ?(Il fait la moue et réfléchit...) Sincèrement, je n'en sais rien. On peut faire quelque chose, ça, j'en suis convaincu. On ne gagne pas 3-0 contre Lyon par hasard. Mais cette même équipe est aussi capable de faire 1-1 contre Le Havre à domicile ou de perdre à Grenoble 1-0. Donc il faut rester prudent. Car si nous jouons tous les matchs comme celui de Lyon, on va au-devant de belles déconvenues !
Que voulez-vous dire ?Ce qu'il faut avoir bien en tête, c'est que toutes les équipes ne se livreront pas dans le jeu comme ont pu le faire les Lyonnais. Souvenez-vous des matchs à Toulouse et Nancy. C'était déjà le cas. Donc, je m'interroge toujours. Est-ce que le match de Lyon est un épiphénomène ou alors sommes nous vraiment dans une phase de progression ?
En clair, vous appelez vos joueurs à effectuer encore plus d'efforts ?Oui, c'est très clair. C'est à eux de montrer qu'ils ont envie de grandir ensemble.
De retrouver l'état d'esprit de la fin de saison dernière ?J'aimerais beaucoup être dans cette lignée des treize derniers matches de la saison dernière. Pas seulement dans l'état d'esprit. Si aujourd'hui, nous savons avoir la maîtrise du ballon, nous n'avons plus la même efficacité dans les contres. C'est tout le travail des prochaines semaines. Garder une certaine maîtrise mais aussi savoir reculer pour développer un jeu plus direct.
Vous avez beaucoup parlé de votre élimination à Twente. Avec un peu de recul, ne pensez-vous pas qu'il s'agit là d'un mal pour un bien ?Sur le coup, c'est impossible de penser cela. J'étais très malheureux pour les joueurs, même si je savais pertinemment que nous n'allions pas aller au bout de cette épreuve. Aujourd'hui, dans l'absolu, c'est sans doute un mal pour un bien, à condition de tirer les leçons et de relever le challenge des trois compétitions nationales qui nous restent à disputer.
Justement, quelles leçons tirer de cette campagne européenne ?Ce qu'il faut retenir, c'est que partout les clubs travaillent. Il faut donc garder cette vision du football à l'étranger. Cette envie de progresser. On doit bonifier cette expérience. Je l'ai vécu avec Sochaux lorsque nous avions été éliminés par l'Inter Milan. Cela nous a beaucoup servis pour gagner la Coupe de la Ligue. Pas sur un plan physique mais surtout au niveau de la gestion des matchs et de la tension nerveuse.
Sur un plan plus personnel, vous serez en fin de contrat en juin 2009. Où en êtes-vous avec vos dirigeants sur une éventuelle prolongation ?Il n'y aucune négociation d'engagée. Et je peux vous assurer que cela ne me gêne pas. Je fais mon travail. On verra après.
Propos recueillis par
Nicolas CARNEC.
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