













Le Sénégalais en a pris acte et s'est enfui à Trabzonspor (Turquie). Depuis, Rudi Garcia est arrivé et a réclamé à ses dirigeants un nouveau gardien mais c'est Malicki qui joue, sans se poser trop de questions. « Je ne sais pas s'ils cherchent un numéro un ou deux, on ne m'a rien promis quand j'ai prolongé cet été (jusqu'en juin 2009, ndlr). Pour l'instant, c'est moi qui joue et tant que je serai bon, il ne se passera rien. Les gens manquent peut-être de confiance en moi mais moi, je n'en manque pas. J'ai les cartes en main. »
Sa carrière s'est depuis toujours fondée sur des paradoxes. Doublure de luxe, il a peu joué mais parfois bénéficié de coups de pouce du destin, participant à la prestigieuse victoire du Losc devant le Milan AC à San Siro (0-2) et à une finale de Coupe Intertoto face à la Juve (0-2, 2-2), avec Rennes. Après quatre saisons à Niort (1995-1999) où démarra sa carrière pro, il avait en effet débarqué au Stade Rennais, les dirigeants de l'époque étant persuadés d'avoir flairé le bon coup pour épauler Christophe Revault. Mais le genou du titulaire craque. « Il s'était fait les croisés et je devais réaliser l'intérim, raconte Malicki. Rennes, ce fut mon envol. Ce passage m'a permis de connaître de super trucs. J'arrivais de D2 et je me retrouve à jouer une finale de Coupe Intertoto face à la Juve de Zidane et Van der Sar ! Ça reste gravé... Ensuite, je fais toute la série de matches de championnat contre les grosses écuries : Bordeaux, Lyon, Paris... On ne marchait pas très bien mais ces rencontres de haut niveau, c'était du bonheur. Seulement, j'ai fini par prendre un carton rouge et je n'ai plus joué. »
Paul Le Guen ne l'utilisera plus et Malicki optera pour un retour en L2, à Créteil puis Châteauroux, avant de s'installer définitivement dans le Nord. « Rennes, ça s'est fini en queue de poisson, mais je ne regrette surtout pas cette période. J'y ai connu des gens bien, comme Paul Le Guen, Yves Colleu, Christophe Revault... Je me souviens d'un bon club, avec un gros suivi des supporters. Rennes, c'est un petit Lille et la région est très agréable. »
Un club qu'il va retrouver, cet après-midi, après un match solide à Nancy (0-0) et une claque à domicile face au Mans (1-3). « Le Mans, on a tourné la page, on ne pense plus qu'à Rennes. On doit avoir une réaction », affirme-t-il. Avant de conclure : « Ce qui s'est passé contre Le Mans est inexplicable. Quand on compare ce match à celui de Nancy, c'est le jour et la nuit. À nous de faire revenir le jour. »
Antoine PLACER.