













Les qualités attendues par les parents pour une baby-sitter : la gentillesse, la ponctualité, la disponibilité. Quant aux jeunes, tant que c'est compatible avec les horaires du lycée... Les sourires sont de mise, de chaque côté. Mais les manières de procéder différentes. Chez les jeunes, les bonjours sont claironnés, ou chuchotés, c'est selon. Les uns ont apporté une carte de visite très complète, d'autres comptent sur leur seule conversation. Du côté des parents, il y a ceux qui accompagnent leur bonjour d'un geste pour inviter à s'asseoir, présentent d'abord les enfants qui les ont accompagnés, Axel, qui entre au CP, la petite soeur Daphné... avant de demander, « et toi ? »
Il y a ceux qui savent que leurs besoins sont exigeants, et qui annoncent d'emblée la couleur : « Hum, avant de vous faire perdre du temps, il faut vous dire que nous cherchons quelqu'un qui a le permis de conduire... » « Ah ! »... et la jeune fille de se lever, avec un sourire qui dit ce n'est pas grave. On se dit au revoir, « peut-être à bientôt », mais aussi des « bon courage » chaleureux.
« Rien ne vaut un face-à-face »
Pour cette rencontre, Séverine Le Gall, animatrice de l'espace jeunes de cette commune en lisière de Rennes, s'est inspirée d'une expérience de ce type en région parisienne. « Je me suis dit que c'était une excellente idée. Nous mettons déjà en relation les jeunes avec les familles en communiquant leurs coordonnées, mais rien ne vaut une rencontre, même en 5 ou 10 minutes. »
Juliette est bien de cet avis : « J'ai 15 ans et demi, alors évidemment, sur une annonce... Avec un face-à-face, au moins, je peux expliquer que je suis en première, que j'ai de l'expérience avec les bébés, que j'aimerais bien en faire mon métier... » Carine, qui est venue avec sa jeune Maïlys, 6 ans, confirme : « C'était bien d'avoir les coordonnées, mais on ne sait pas qui appeler parmi tous ces noms. Et puis c'est un peu gênant de faire venir quelqu'un pour rien... »
Vingt-deux jeunes qui consacrent leur samedi matin et 17 familles qui viennent les rencontrer, c'est un joli succès pour une première. Même si tous sont loin d'avoir trouvé qui, des enfants à garder, qui, un baby-sitter.
Les étudiants n'ayant pas encore fait leur rentrée, la plupart des candidats sont au lycée, « alors forcément, aller chercher des enfants à l'école, à 16 h 30, ce n'est pas possible », regrette Johann, en BEP sanitaire et social. Mais les parents semblent rassurés d'avoir vu autant de baby-sitters potentiels : « Même si nous cherchons encore quelqu'un pour les sorties d'école, nous avons un petit vivier de noms pour des dépannages plus ponctuels, pour sortir le soir. »
Isabelle BORDES.