

















Le chalutier « l'Enylève », échoué sur les rochers hier matin, au pied du sémaphore, tout près de Saint-Quay-Portrieux, son port d'attache. Les opérations de déséchouage ont eu lieu sous les yeux des promeneurs, nombreux en ce samedi estival. : Jérôme Fouquet.Une voie d'eau importante s'est aussitôt formée. Le marin et son matelot ont embarqué sur leur canot de survie. Ils ont été choqués par cet accident, mais ont été récupérés sains et saufs par l'équipage de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). « Ils ont été pris en charge par deux embarcations de chez nous. Les pompiers étaient également là en soutien », indique William Abbest, président de la SNSM.
Drôle d'image à marée basse, quelques heures plus tard, que ce navire échoué dans les rochers de Saint-Quay. Le patron pêcheur, aidé des équipages de la SNSM et des pompiers, a fait plusieurs allers-retours au cours de la matinée pour sauver du matériel. Et un charpentier de marine a passé du temps à colmater les brèches ouvertes de chaque côté du navire.
À marée montante, vers 15 h 45, l'armateur a tenté une opération de déséchouage. Les pompiers plongeurs du pôle nautique de Saint-Quay avaient installé deux motopompes à bord afin d'assécher, tandis qu'un autre chalutier, le Balbuzar, tirait l'Enylève de sa délicate situation pour faire route en direction du port. L'attelage était toujours accompagné de la SNSM et des pompiers.
Mais le bateau accidenté n'aura pas réussi à rejoindre les quais. Malgré le colmatage des brèches et les motopompes, il a coulé avant d'arriver au port, à l'est de la tourelle de la Moulière. Il était 15 h 56. « Sous l'effet d'une vague ayant provoqué l'alourdissement du bateau, il a coulé par 14 m de fond à moins d'un mile du port », indique la préfecture maritime de l'Atlantique.
« Tous les intervenants ont fait ce qu'ils ont pu. Il ne manquait pas grand-chose pour qu'il arrive au port, mais ça n'a pas suffi. Il a coulé en quelques secondes », relate William Abbest. « Heureusement, au moins, qu'on l'a sorti des roches, sinon avec le ressac, il aurait été explosé. »
L'Enylève repose sur un banc de sable. « La situation est suivie par les Affaires maritimes qui attendent les propositions de l'armateur et de son assureur pour enlever l'épave », souligne la préfecture maritime.
Une irisation de l'eau, apparue en surface peu après le naufrage, indiquait une légère pollution. Les pompiers ont plongé pour boucher les évents du réservoir de gazole qui contient 2 500 litres. Vers 18 h, le site de l'épave a été balisé afin d'éviter un autre accident sur cette route maritime passante.
Marie-Claudine CHAUPITRE.