













En ces derniers jours d'août, Alison, une Lilloise âgée de 18 ans, profite de son après-midi pour flâner. « En général, je ramène un petit quelque chose, histoire de me faire plaisir. Mais ce que j'achète le plus, ce sont des cartes postales. J'en envoie ou j'en garde pour moi. » Cette fois, elle en a choisi trois. Un cadeau plutôt économique, trusté à Vitré par le château.
Ce dernier est en effet reproduit sous plus de vingt angles différents. Lieu incontournable pour les touristes, le château orne également les objets décoratifs. Assiettes, plats diviseurs, chopes... « 75 % des clients recherchent des cadeaux utiles, remarque Anne-Claire Derunes, la gérante de l'Aide Mémoire, situé rue Beaudrairie. Le château fonctionne bien car c'est le seul monument vraiment connu par les touristes. Mais en général, ils se tournent plus vers des produits bretons. »
D'où le succès des caramels au beurre salé, kouign amman et autres boîtes de biscuits de la bretonne Mam'Goz que l'on retrouve un peu partout dans la ville. « Les caramels et la pâte de caramel que l'on étale sur des crêpes sont souvent demandés, acquiesce-t-on chez le chocolatier Jossic, rue du Guesclin. Le petit plus que l'on a ici, c'est que nous fabriquons nos produits à Vitré. » Pour les amateurs de pâtisserie, il existe d'ailleurs un gâteau qui porte le nom de la ville : le Vitréais. Il a été créé par un ancien boulanger-pâtissier, M. Lhuissier.
Depuis, la perle gustative est devenue rare. Et la recette s'est diversifiée. À base de biscuit d'amandes, de noisette, de pommes caramélisées et de mousse au caramel, on le retrouve par exemple à la boulangerie Jarno, rue Poterie. Dans de petits ramequins, la pâte découpée en dentelle dans l'esprit des gavottes bretonnes, on le sert également - sous le nom de Vitréen - dans le salon de thé Ece thé ra, rue de la Poterie.
Mais curieusement, les touristes ne sont pas les premiers acheteurs de souvenirs estampillés à l'image de la ville. « On a souvent des demandes de Vitréens ou de gens de la région pour qui ce produit renferme un aspect local plus fort », note Laurence Thébault, gérante du salon de thé. « On vend beaucoup de ballotins à des locaux qui partent visiter de la famille et des amis », ajoute-t-on chez Jossic. Quant aux dés à coudre, petites cuillères et magnets à l'effigie du château, ils sont le plus souvent la proie des collectionneurs.
Rose-Marie DUGUEN.