













Pour Alinéa, ce coup d'envoi est donc de taille. Non seulement, l'enseigne qui emploiera 90 salariés à l'ouverture (et jusqu'à 150 dans les prochains mois), va rapidement devoir trouver sa clientèle. Mais il s'agira de sa première grande surface en Bretagne. « C'est vrai que nous avons un petit déficit d'image. Mais on commence à le combler. Nous ouvrons actuellement deux à trois magasins par an, en France. Et nous sponsorisons l'émission D & Co sur M6 », rappelle Jérémy Delobel, le directeur du magasin de La Mézière. L'enseigne compte aujourd'hui 17 grandes surfaces en France.
La route du meuble espère en tirer profit
Pour se faire une place sous le crachin breton, Alinéa mise donc sur sa surface de vente : 8 500 m2 (14 000 m2 en comptant les réserves et bureaux). C'est plus que chacune des enseignes de l'ameublement déjà présentes dans l'agglomération rennaise. Mais ce sera moins qu'Ikéa (19 610 m2 de surface commerciale). Pour autant, les consommateurs ne manqueront pas de choix : pas moins de 15 000 références seront proposées en magasin. « C'est plus qu'Ikéa », annonce, cette fois, Jérémy Delobel.
Pour le reste, si chacune des deux enseignes ne manquera pas de faire valoir ses spécificités (Alinéa, par exemple, aide les clients à charger les meubles...), le consommateur, lui, ne sera pas déboussolé en passant d'une enseigne à l'autre : l'agencement des deux magasins est relativement proche et chacun offre un espace de restauration.
À quelques pas de là, sur l'ancienne route de Saint-Malo, inutile de préciser que les commerçants observent avec attention ces nouvelles implantations. « Quand il y a une ouverture, on est toujours un peu inquiet. Mais nous avons du répondant : si on additionne toutes les surfaces des commerçants présents Route du meuble, on compte 50 000 m2 rien que pour l'ameublement », précise Godefroy Morel, le président de la Route du meuble, association qui regroupe 65 enseignes.
Mais ce dernier n'est pas inquiet outre mesure. « Le magasin Ikéa, à Nantes, réalise 12 % de son chiffre d'affaires avec la clientèle du bassin rennais. Sans compter les clients rennais qui vont jusqu'en région parisienne. Il faut aussi voir le bon côté des choses. Ces nouvelles enseignes vont faire revenir cette clientèle et en attirer une nouvelle », pronostique Godefroy Morel.
Bref, seul l'avenir certifiera si la zone de chalandise rennaise peut faire vivre tous ces spécialistes de l'ameublement. En attendant, chacun fourbit ses armes. Alinéa, par exemple, étudie très sérieusement la possibilité d'ouvrir son magasin le dimanche...
Pierrick BAUDAIS.