













Même si la plupart des banques s'en défendent, l'obtention d'un crédit immobilier s'est compliquée. Sur vingt ans ? Des mensualités de 1 048 €, un taux à 5,69 % et un coût total de 102 366 €. De quoi réfléchir sérieusement avant de s'engager et de chercher à négocier. L'argent commencerait-il vraiment à devenir trop cher avec la hausse des taux d'intérêt ?
« C'est évident que le marché du crédit est devenu moins porteur aujourd'hui, confirme Michel Guezou, directeur régional du CIC Bretagne. Mais nous avons toujours des demandes de prêts. »
Le reste à vivre
Mais est-ce que les banques « durcissent » les conditions d'obtention ? Une question que nombre de banquiers, officiellement, ont préféré esquiver. « Chez nous, nous ne raisonnons pas en pourcentage d'endettement mais sur ce que l'on appelle le reste à vivre », explique Michel Guezou, l'un des rares à avoir accepté de parler ouvertement.
Exit le fameux seuil d'endettement qui ne doit pas dépasser les 30 % du revenu. « L'important est de savoir, une fois la mensualité payée, s'il reste suffisamment d'argent au foyer pour subvenir à ses besoins. » Sachant que dans ce « reste à vivre » sont inclus tous les autres postes de dépenses dont celui de l'essence qui a flambé ces derniers mois. Pas forcément important pour l'achat d'un bien à Rennes intra-muros mais non négligeable en deuxième et troisième couronne.
L'essence plombe les comptes
Constat confirmé par le directeur d'une agence bancaire de Rennes qui préfère rester anonyme. « Ces trois derniers mois, je n'ai signé que trois dossiers pour des crédits immobiliers. Dix fois moins qu'à la même période l'année dernière. J'ai l'impression de passer en ce moment pour un briseur de rêves. Mais je préfère être franc avec mes clients plutôt que de les plonger dans la galère. »
Il évoque le cas d'un jeune couple qui rêvait d'une petite maison à une vingtaine de kilomètres de Rennes. « Leur premier bien immobilier. Ils n'avaient pas les moyens d'acheter à Rennes. On a fait le point sur leurs revenus et leurs charges dont leur budget voiture et essence. Ils ont deux véhicules qu'ils utilisent pour aller travailler. Près de 400 € par mois. »
Leur premier budget de dépense avant l'alimentaire. « Et peut-être plus demain si l'essence repart à la hausse. » Trop risqué pour le banquier qui leur a demandé de revoir leur projet à la baisse.
Samuel NOHRA.